J'ai attrappé une maladie vieille comme l'humanité et contre laquelle n'existe à ce jour aucun remède.
Ceux qui ont été épargnés en sourient, parfois s'en gaussent. Ils ont tord.
Elle parait en effet anodine, négligeable, divertissante, elle est insidieuse, exigente avant de devenir tyranique. Elle ne laisse aucun répit. Elle n'admet aucun rival.
Elle exige qu'on lui sacrifie beaucoup de temps, une dispendieuse énergie, toutes ses économies, son corps et, qui sait, son âme....
A l'instar de certaines religions, elle promet le paradis après qu'on ai bien souffert et qu'on s'est effacé. Elle déteste les paresseux et les lâches. Elle est effrayante et magnifique. Il arrive qu'on en meure.
C'est la fièvre du cheval
Jour après jour, elle dévore. J'aiessayé en vain de lutter. ..Maintenant soumis, je me laisse faire.
Je m'applique et m'amuse seulement à la domestiquer.
Je lui cède en selle, elle me poursuit à pied, jusque dans la grande ville où elle ne manque jamais une occasion de me narguer et, si d'aventure je la dédaigne, de me persécuter.
Jérome GARCIN.